Aujourd’hui je vais vous prĂ©senter deux piĂšces, une cousue main et une autre achetĂ©e en friperie. C’est l’occasion de faire une petite place ici Ă une autre de mes passions, le vintage.

La chemise est le modĂšle Elsa La Maison Victor (n°5 septembre-octobre 2016). J’en avais dĂ©jĂ fait une premiĂšre version en double gaze Ă pois dorĂ©s que j’aime beaucoup. Pour cette piĂšce, j’ai utilisĂ© un tissu vintage, une broderie anglaise Ă petits motifs du dĂ©but des annĂ©es 80. Il s’agit d’un « hĂ©ritage » familial (si jamais y’a un lingot d’or qui traĂźne quelque part, ou un Monet planquĂ© dans le grenier, je suis preneuse aussi).



Le motif est tout fin, un peu enfantin, je dirais mĂȘme « gentillet », mais j’adore ces petites fleurs colorĂ©es. Un peu de douceur, ça ne peut pas faire de mal. Il m’en reste un grand coupon, d’oĂč probablement une petite robe pour les filles l’Ă©tĂ© prochain. On se projette, on se projette…
Les petits boutons blancs sont neufs et viennent de chez Veritas.


Ce coton est tout fin, parfait pour la belle saison (j’ai cousu cette piĂšce cet Ă©tĂ©) et doit Ă©videmment ĂȘtre rĂ©chauffĂ© une fois le froid revenu. Comme le motif de cette jolie broderie anglaise comprend des petites touches de rouge, je me suis dit que ça pourrait ĂȘtre sympa d’associer ma chemise Elsa avec une veste rouge vintage acquise rĂ©cemment.
Et on passe au deuxiĂšme sujet de ce billet, la fripe đ

Il y a quelques mois, j’ai gagnĂ© un concours via l’Instagram de Crushon, une plateforme rassemblant plusieurs friperies en ligne que je vous recommande chaudement si vous aimez le vintage. Le concours consistait Ă deviner la dĂ©cennie de trois photos de mode. Je n’irai pas jusqu’Ă dire que je suis incollable en la matiĂšre, mais je reconnais que j’ai ma petite expertise đ J’ai donnĂ© les bonnes rĂ©ponses et j’ai Ă©tĂ© tirĂ©e au sort. Avec le chĂšque cadeau reçu, je me suis offert un gros pull en maille irlandaise oversize et cette veste pas franchement discrĂšte mais pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cĆur.

Ce qui est gĂ©nial avec les friperies, en ligne ou physiques, c’est qu’elles permettent de s’offrir des piĂšces incroyables pour presque rien. Cette veste est de la marque « Similaire », inconnue au bataillon mais peu importe. Elle m’a coĂ»tĂ© 14 euros. Elle est made in France, ce qui aujourd’hui est rarissime, en tout cas Ă ce prix lĂ . Le tissu est une laine mĂ©langĂ©e rouge vif. Vu la couleur pĂ©tante et la coupe, cette veste doit dater des annĂ©es 80, voire peut-ĂȘtre du tout dĂ©but des annĂ©es 90. J’adore les boutons dorĂ©s… et les Ă©paulettes !
Aaaaaah les Ă©paulettes ! VoilĂ un sujet qui divise, (en tout cas dans la sphĂšre modesque parce que sinon, soyons honnĂȘtes, tout le monde s’en fout…). Moi, les Ă©paulettes, j’aime bien ça. En mĂȘme temps j’adore ce retour aux annĂ©es 80-90 donc forcĂ©ment, ça me plait. Et puis j’aime ce qu’il y a derriĂšre ces Ă©paules carrĂ©es…
Petit voyage dans l’histoire de la mode du XXe siĂšcle :
Les Ă©paulettes ont Ă©tĂ© trĂšs Ă la mode dans la premiĂšre moitiĂ© des annĂ©es 1940. Sous l’Occupation, elles Ă©taient un moyen pour les femmes de « durcir » leur silhouette et de gagner en prestance, une volontĂ© bien lĂ©gitime dans un contexte de guerre et de rĂ©sistance face Ă l’occupant. Sans oublier que le textile fut le premier bien de consommation soumis au rationnement en 1941. En raison de la difficultĂ© de se procurer du tissu, les femmes devaient faire preuve d’ingĂ©niositĂ© pour rester Ă©lĂ©gantes et dignes malgrĂ© les conditions de vie extrĂȘmement difficiles de l’Ă©poque et les privations. C’est le style « restriction » : semelles compensĂ©es en liĂšge ou en bois pour pallier le manque de cuir, robes coupĂ©es dans les doublures des rideaux, teinture appliquĂ©e sur les jambes et trait de peinture visant Ă simuler la couture des bas (introuvables Ă l’Ă©poque, la soie Ă©tant rĂ©quisitionnĂ©e pour les parachutes)… Il Ă©tait aussi frĂ©quent de retailler un costume d’homme pour en faire une veste de tailleur pour dame, d’oĂč les Ă©paules trĂšs marquĂ©es.
Avec l’arrivĂ©e du New Look de Christian Dior en 1947, la silhouette se fĂ©minise et se veut plus sĂ©duisante. Les Ă©paules se font progressivement plus rondes et plus douces. Il faudra ensuite attendre les annĂ©es 80 pour assister au grand retour des Ă©paulettes. AnnĂ©es 40, annĂ©es 80, mĂȘme combat (sans mauvais jeu de mot). Le contexte des 80’s est Ă©videmment bien diffĂ©rent des annĂ©es d’Occupation. Ici, c’est le rĂšgne de la working girl. Les femmes travaillent, gagnent de l’argent et gagnent en indĂ©pendance. Elles sont de plus en plus nombreuses Ă occuper des postes Ă responsabilitĂ©s dans des univers professionnels qui restent pourtant trĂšs masculins. Il faut alors faire preuve d’autoritĂ©, de compĂ©tence, de puissance et d’assurance. Il faut se masculiniser quoi (oui, l’analogie fait un peu mal). D’oĂč ces silhouettes en V de nageuse soviĂ©tique, avec des Ă©paules trĂšs larges et une taille fine.
Mon intention en portant cette veste n’est pas de me la jouer working girl (je vais Ă©viter l’association Ă©paulettes – jupe crayon – talons aiguilles), mais bien de porter une piĂšce bien coupĂ©e, bien finie, qui a durĂ© dans le temps et qui durera encore longtemps.

J’espĂšre que ces petites bribes d’histoire de la mode vous ont plu. Vous en pensez quoi vous des Ă©paulettes ? On valide ou on brĂ»le tout ? Et la mode vintage, ça vous plait ? Vous chinez parfois ? Dites-moi tout đ (mĂȘme que vous dĂ©testez ma veste 80’s, et ma chemise Elsa en broderie anglaise gnangnan d’ailleurs, je ne le prendrai pas mal).
Bisous


C’est une trĂšs jolie tenue. Je partage ton goĂ»t pour les friperies et, en ce qui me concerne, plus largement pour l’occasion. Ăa affĂ»te l’oeil et la qualitĂ© est parfois extraordinaire.
Tout Ă fait d’accord! Je trouve en plus que la dĂ©marche est assez complĂ©mentaire avec la couture, en tout cas la couture telle que je la conçois, dans une optique « slowfashion »
D’accord avec toi pour la fripe! J’ai toujours pratiquĂ©, surtout quand mes filles Ă©taient petites, les robes a smocks faites main se trouvaient assez facilement, sur les marchĂ©s, dans les boutiques d’occase, etc…
Sinon je trouve ce tissu de chemise un peu fadasse effectivement, et je n’aime pas les Ă©paulettes parce que j’ai les Ă©paules bien assez carrĂ©es comme ça! Mais j’adore le rouge, et cette couleur te va trĂšs bien.
Merci đ J’en porte peu, pourtant c’est une couleur qui met de bonne humeur. Pour les Ă©paulettes je comprends, cette mode ne fait clairement pas l’unanimitĂ© đ
Bon la chemise c est pas mon truc du tout, mais que les petites fleurs soient vintages ou pas, j’aime rarement les fleurs! Par contre la veste, ouaw elle est top!
Haha je comprends đ HonnĂȘtement pour ma part, je prĂ©fĂšre la veste aussi !
La chemise est une trĂšs belle rĂ©alisation, mĂȘme si le tissu n’est pas wouah. En revanche la veste rouge rehausse le tout. Je la trouve trĂšs belle. Il faut dire que j’aime la couleur d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale. J’ai moi aussi portĂ© des Ă©paulettes dans les annĂ©es 80. Et plus rĂ©cemment j’en ai ajoutĂ© dans deux vestes, mais en toute discrĂ©tion, juste pour donner une belle forme aux Ă©paules. C’est plus classe.
Je trouve aussi, j’en ai mis dans toutes les vestes et tous les manteaux que j’ai cousus. Celles de ma veste rouge sont juste un peu plus imposantes que ce que je porte d’habitude đ
J’aime les fleurs et les rayures, alors ton chemisier ne peut que me plaire d’autant plus que la coupe est jolie. Et la veste donne du peps Ă cette tenue parfaite. Je ne porte pas de fripe, Ă©tant enfant je n’ai portĂ© que des vĂȘtements que l’on se repassait en famille et qui n’Ă©taient pas toujours Ă mon goĂ»t ! J’aime bien les Ă©paulettes fines sur un manteau ou une veste, cela structure le vĂȘtement et j’adore les robes des annees 40.
J’ai rĂ©cupĂ©rĂ© les vĂȘtements de ma sĆur et mĂȘme ceux de mon frĂšre pendant toute mon enfance et bizarrement j’adorais ça! Du coup les fripes me rappellent de bons souvenirs. J’adore aussi les robes annĂ©es 40, tellement Ă©lĂ©gantes!
Merci pour le cours sur l’histoire de la mode c’est instructif, par contre je n’aime ni le rouge ni les Ă©paulettes et encore mois le mot qui me fait penser au prĂ©nom Paulette (que je dĂ©teste rapport Ă une vieille bique que j’ai connu gosse)… La chemise ? pourquoi pas… La coupe est pas mal du tout, je suis toujours bĂ©ate d’admiration face aux couturiĂšres qui cousent ce type de piĂšce qui pour le moment n’est clairement pas dans mes envies… (pas le temps et pas assez dormi pour me prendre la tĂȘte sur des coutures complexes ! MDR)
Hahaha Paulette đ… moi j’en ai connu une qui Ă©tait toute gentille du coup la rĂ©fĂ©rence ne me pose pas de problĂšme. C’est vrai que la couture d’une chemise est un peu complexe mais Ă force ça devient presque automatique (je crois que j’en suis bien Ă 15 depuis que j’ai commencĂ© Ă coudre). Peut-ĂȘtre Ă tenter quand tu auras un peu plus de temps et d’heures de sommeil đ
Oui c’est sur ma to do list mais pas encore eu le courage de m’y mettre (et le temps et les neurones en place hĂ©hĂ©hĂ©, quoi pour pour les derniers je ne sais pas si ils vont revenir)